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« Comme en 14 » "Une volonté cruelle de l’Histoire a réduit en morceaux ma vieille patrie, la Monarchie austro-hongroise. Je l’ai aimée, cette patrie, qui me permettait d’être en même temps un patriote et un citoyen du monde, un Autrichien et un Allemand parmi tous les peuples autrichiens. J’ai aimé les vertus et les avantages de cette patrie, et j’aime encore aujourd’hui, alors qu’elle est défunte et perdue, ses erreurs et ses faiblesses. Elle en avait beaucoup. Elle les a expiées par sa mort. Elle est passée presque directement de la représentation d’opérette au théâtre épouvantable de la guerre mondiale." Joseph Roth

Pour le musicien, l'une des conséquences de cette première guerre mondiale, est évidemment l'écroulement de l'Empire austro-hongrois, berceau de la majeure partie des compositeurs qui constituent le corps de notre répertoire, de Mozart à Schönberg, en passant par Brahms, Schubert, Beethoven, Dvorák, Liszt, ou Bartók et Enesco, pour n’en citer que quelques-uns.

Il serait trop simple, peut-être, de comparer l'écroulement de l'harmonie de ce monde de l'Europe d'avant-guerre, avec celle du langage tonal qui régissait la musique depuis toujours. L'année 1913 avait en effet déjà vu des révolutions musicales, par exemple avec la création du Sacre du printemps à Paris, ainsi que la première française du Pierrot lunaire de Schönberg, dont se sont ensuite inspirés des compositeurs tels que Ravel, Delage, et Stravinski. Un étrange point d'orgue, d'amitiés et d'ouverture d'esprit avant que ces mêmes protagonistes ne prennent les armes les uns contre les autres.

En vous invitant à vous plonger dans la musique écrite à cette époque, je suis moi-même surpris de constater à quel point leurs titres et les noms de ces compositeurs résonnent parfois encore comme "modernes" dans notre imaginaire.

Ce centenaire nous permet cependant de les écouter à nouveau, en les plaçant en perspective par rapport à leur contexte, et chaque concert aura une œuvre de "référence" du grand répertoire.

Il sera aussi accompagné de lectures de lettres, de textes et écrits divers de musiciens, poètes, artistes qui ont été amenés à se battre d'un côté comme de l'autre.

Enfin, j'espère que cette thématique, qui pourrait sembler au premier abord peu musicale, fera revivre une part de l'imaginaire, des espoirs de paix et de bonheur des peuples impliqués dans cette, malheureusement, première guerre mondiale, qui commença à façonner le monde tel que nous en avons hérité, et nous amènera à partager la musique, "Comme en 14..."

Philippe Graffin, directeur artistique

Avril 2014