« La musique de chambre, dans le décor moderne, industriel et maritime de Saint-Nazaire, c’est la recherche paradoxale de l’harmonie dans le tintamarre contemporain. Ainsi s’énonçait en  1991, l’ambition de la Ville de Saint-Nazaire et des organisateurs des premières rencontres avec la musique de chambre. Le public ne cacha pas une émotion vraie, née d’une rare intimité avec des musiciens d’une exceptionnelle sincérité », écrivait Joël Batteux, en introduction de la deuxième édition des rencontres Consonances en 1992.

Les 23 éditions suivantes ont, à nos yeux, confirmé la pertinence et la clairvoyance de ce choix politique à contre-courant des idées reçues qui s’attachaient à notre ville, et justifié l’attachement des musiciens et du public à ces rencontres, et l’engagement bénévole depuis 2002 de toute l’équipe d’A Tempo.

Jusqu’à ce funeste jour de novembre 2014, où le nouveau maire de Saint-Nazaire apprenait à Patrick Perrin (président d’A Tempo) qu’il pouvait licencier notre nouvelle directrice administrative (passée à temps plein depuis quelques mois avec l’accord de la Ville), et que, pour raisons économiques, la Ville ne pourrait plus subventionner les rencontres Consonances.

Cette décision brutale et non concertée, qui a conduit Patrick Perrin à cesser tout engagement dans la vie associative locale, a amené le public et les amis de Consonances, et les musiciens familiers des rencontres, à nous exprimer spontanément leur vive émotion et leur soutien pour que continue cette belle œuvre. Forts de ces soutiens et de l’indéfectible motivation de Philippe Graffin (“l’âme” de Consonances) et de ses amis musiciens, A Tempo s’est restructurée, pour pouvoir malgré tout fêter ensemble cette année la 25e édition, et pour essayer de faire survivre ces rencontres uniques.

Depuis janvier 2015, pour l’instant en vain, nous n’avons cessé d’adresser à nos élus des messages les appelant à bien vouloir reconsidérer leur décision, particulièrement suite à l’annonce du Pacte Culture passé avec l’Etat, en revoyant si besoin à la baisse la participation de la Ville, pour permettre aux autres soutiens institutionnels (Région, Département) de revenir dans le financement de Consonances, et à de nouveaux partenaires privés pressentis de nous rejoindre.

Je tiens à honorer ici les nombreux témoignages de soutien (plus de 800) reçus en début d’année, et la constance de la presse locale à relayer nos informations, le soutien financier que nos partenaires privés (GDF, Crédit Agricole, Peugeot) ont bien voulu nous conserver, avec même l’arrivée cette année de la MAIF et de Holiday Inn,le geste exceptionnel proposé par les artistes et les techniciens, de limiter en 2015 leurs cachets au minimum syndical,l’engagement des membres d’A Tempo et des quarante bénévoles, sans qui ces rencontres ne pourraient avoir lieu.

Qu’ils en soient tous remerciés, pour nous permettre de partager ensemble de nouveaux moments rares d’émotion artistique et de découverte, ouverts à tous, où les générations et les styles se mélangent, pour notre plus grand plaisir.

Christian Cochy,

président d’A Tempo.