Peut être n’est il pas de Jardins plus secrets que ceux des artistes, ou du moins doivent ils l’être, avant d’être sujets à exploration. Le romantisme allemand a été un pan trop souvent contourné du r épertoire de Consonances, qui d’amblé a emprunté des chemins oubliés. Ceci est d’autant plus particulier qu’il en reste le corps principal, et qu’il représente encore une grande partie du monde poétique que l’interprète porte en lui, de l’imaginaire qu’il se créer dans le travail de compréhension, et peutêtre dans l’illusoire appropriation des oeuvres jouées.

Aussi, il m’a semblé qu’autour de certaines grandes oeuvres du répertoire, de Brahms cette année comme un fil conducteur éclairant chaque soirée, et aussi de Beethoven ou Schubert, dont l’octuor est présenté aux Consonances pour la première fois, ces jardins un peu goethiens permettront aux artistes de dévoiler certains de leur «Jardins Secrets».

Loin des grandes salles de concert, ces rencontres de musique de chambre ont été conçues autour du principe même d’un espace de liberté, intime sinon secret, donné aux musiciens par la ville de saint Nazaire.

On a trop souvent oublié que le grand compositeur américain Ned Rorem, dont on fête cette année le 85éme anniversaire, a vécu en France et qu’il aime notre pays ; Aussi m’a-t-il semblé indispensable de l’entendre. Je sais que son extraordinaire et émouvant « aftermath » résonnera particulièrement juste dans l’enceinte du vaisseau intemporel du « life ».

Si Consonances n’est plus pour ses habitués un secret, ces rencontres restent un jardin que j’espère fertile en découvertes et en instants magiques, et je sais que ces grands interprètes et ces oeuvres riches du répertoire en seront le reflet.

Philippe Graffin, directeur artistique

 
Edition08