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LA FIN DU TEMPS


Lorsque Joël Batteux, Maire de Saint-Nazaire et initiateur de Consonances, m’a demandé si je voulais imaginer de participer au baptême du “life”, il y avait un peu une notion de défi que je pouvais entrevoir dans son regard.

Je connais bien les alvéoles de cette base sous-marine, pour y avoir par exemple déjà joué et présenté un concert long de trois heures, par un vent glacial de début d’automne, pour le dixième anniversaire de Consonances. Chaque note ce soir là résonnait déjà dans cette nouvelle salle que nous imaginions. Afin de célébrer la métamorphose de cette Alvéole 14 de la base sous-marine en “life”, pôle européen dévoué aux “formes émergentes”, le pari devait être qu’autour de la musique de chambre, raison d’être de “Consonances”, plusieurs autres expressions artistiques se rejoignent.

Il m’a semblé comme une évidence que l’oeuvre de Messiaen, contemporaine de la construction de la base sous-marine par des prisonniers de guerre, et dont la force nous interpelle toujours, se prêtait bien à ce projet. La foi indélébile de Messiaen, prisonnier à Gorlitz, Silésie orientale, stalag VIII A, en 1941, “accouchant” dans des circonstances rocambolesques autant que mystérieuses, de cette lueur d’espoir que représente son emblématique quatuor “pour la fi n du temps”, permettrait de mettre en perspective non seulement l’alors et l’aujourd’hui, mais soulignerait l’incroyable choix que représente la transformation plutôt que l’éradication de cette base sous-marine, et valoriserait le travail de l’architecte Fin Geipel.

Depuis sa création, Consonances a pour sous-titre “Rencontres avec la musique de chambre”. Cette rencontre à laquelle nous vous invitons pour le concert inaugural de cette 17ème édition sera multiple. Celle du théâtre, de la musique, de l’architecture, pour ne citer que ces différentes expressions artistiques… Elle inaugurera cette édition, placée toute entière sous le signe de la métamorphose et qui aura pour fi l conducteur Ravel. Parmi les temps forts à souligner un hommage humble autant que sincère, à un immense compositeur bien vivant : Henri Dutilleux.

 

Philippe Graffin, directeur artistique

 
Edition07