La Muse et le Poète

Souvent les sons à consonances ont eu leur origine dans les mots, comme pour se justifier, ou trouver leur raison d'être dans « le tintamarre contemporain », selon l'expression de Joël Batteux. Ou les mots poétiques ne sont-ils pas déjà musique ?

Cette nouvelle édition est dédiée à cette relation qui nous a laissé des œuvres inoubliables, tel le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy, dont nous avons pu entendre en juin une nouvelle adaptation, commande de Consonance 2011.

Si les compositeurs puisent leur inspiration dans la poésie, les interprètes sont souvent décrits comme des poètes.

A ce sujet, je me réjouis du retour de plusieurs « pionnier » de Consonances : notre ami américain, Frederic Chiu, qui n'était pas venu depuis plusieurs années, ainsi que le grand pianiste et compositeur finlandais Olli Mustonen, qui participa à la toute première édition.

C'est aussi le retour de personnalités qui ont marqué les Consonanciens, Vladi Mendelssohn, Mona Julsrud, la merveilleuse cantatrice norvégienne, ainsi que Henri Demarquette, Charles Neidich ou Pascal Contet, pour n'en citer que quelques uns.

Nous accueillerons aussi beaucoup de nouveaux artistes venus des quatre coins de la planète, et que je vous invite à découvrir, dont un que vous connaissez déjà bien, Sylvain Blassel, qui a grandi en allant aux concerts de Consonances, avant de devenir lui-même un harpiste des plus recherchés.

Schubert sera notre fil conducteur de cette programmation, mais je voudrais attirer votre attention sur plusieurs autres temps forts.

Le merveilleux Stabat Mater de Boccherini.

Un concert dédié à l'Amérique, où nous pourrons aussi entendre le métaphysique quintette à deux violoncelles de Schubert (si, si, Schubert a un lien avec le 11 septembre, vous verrez), un autre dédié au poète autrichien Dehmel, où l'on pourra entrevoir le jeu de miroir des différentes adaptions musicales d'un même texte.

Et aussi un concert autour du concept de la modernité, où je vous invite à entendre des œuvres qui ont toutes cent ans, mises en perspective par rapport à une œuvre majeure du répertoire, la Grande fugue de Beethoven.

j'ai tenu a ce que l'on revienne au fondamentaux de la musique de chambre cette année, et je vous invite à retrouver tous ces nombreux artistes, plus merveilleux les uns que les autres, et à découvrir ou redécouvrir des œuvres qui ne cessent de nous inspirer.

Philippe Graffin, directeur artistique

 
Edition11