Qui sont-ils ? Un quatuor formé de deux frères et deux sœurs, né à Avignon, qui porte une histoire familiale dense. Leur quotidien mêle discipline, écoute et recherche du son.
Leur parcours au CNSM de Paris a forgé une signature claire : un ensemble précis, fondé sur des instruments modernes signés Charles Coquet.
Le concert du 8 décembre 2019 à Avignon, dédié à Simone Girard, marque un jalon de transmission. Cette date a relancé leur récit collectif.
Dans cet article, nous explorerons leurs origines, le travail d’ensemble, l’héritage familial, le répertoire — de Bach à Beethoven — et les choix d’instruments.
Sur scène, la vie du groupe se lit dans la cohésion, la gestion des rôles et la projection du son. L’entretien à suivre éclaire leur histoire, leur présent et leurs projets.
Entretien avec un quatuor de frères et sœurs : origines avignonnaises et esprit de troupe
Avignon a façonné leur goût du partage : répétitions dans la même maison, premières scènes locales.
Genèse. Nés et formés au conservatoire d’Avignon, ils gardent des liens solides avec la scène de la ville. Les premières auditions et rencontres ont construit une culture collective qui guide chaque projet.
Dynamique familiale. La présence de frères et de sœurs offre une base affective stable. Cette proximité aide à répartir les rôles, à maintenir l’écoute et à durer dans le temps.
Le concert avignonnais de 2019 est un bon exemple : conçu avec Gérard Caussé, il a été l’occasion d’un hommage à Simone Girard. La soirée a illustré leur réseau dans le monde de la musique.
- Choix d’instruments réfléchis : violon, alto et autres outils soignent la projection sur scène.
- Années d’étude puis allers-retours entre projets et concerts façonnent leur maturation.
- Rencontres locales, scientifiques et artistiques ont apporté beaucoup d’autres choses au parcours.
« Relancer la Société des concerts à Avignon reste une ambition », confie Lucie.
Au fil des ans, le centenaire de la naissance de René Girard est devenu un fil conducteur. Il rappelle que, dans cette époque en mutation, ce modèle de quatuor familial s’affirme par la mémoire et l’ouverture.
Quatuor Girard : famille et exigence musicale
Sur scène, la complicité entre frères et sœurs se traduit par un geste musical précis et quotidien. Lucie parle d’un travail perpétuel où la confiance devient un outil. Hugues décrit le groupe comme une petite société fondée sur l’écoute et le respect.

Rôles et équilibre. Le violoncelle assure les fondations : profondeur et verticalité. Le 1er violon porte l’éclat, la ligne de chant. Le 2nd violon et l’altiste forment la charnière harmonique, le moteur horizontal.
| Rôle | Fonction | Image |
|---|---|---|
| Violoncelle | Fondations, profondeur | Bouteille |
| 1er violon | Ligne de chant, éclat | Étiquette |
| 2nd violon / alto | Charnière harmonique, soutien | Vin |
On parle souvent d’un instrument à seize cordes : quatre voix qui se répondent. L’image du vin rend l’équilibre sonore tangible. Cette logique impose un leadership partagé : l’éclat du soliste n’annule pas la responsabilité de chacun.
« Presque dix ans d’expérience ont fixé nos repères », confie Hugues.
La vie du groupe reste une école de vie. Répétitions, ajustements et gestion de la fatigue construisent un son collectif. Pour en savoir plus sur leur parcours, voir le concert d’Avignon 2019.
Héritage et transmission : Simone et René Girard, Avignon comme matrice culturelle
Avignon reste pour eux un foyer où culture et création se rencontrent. La mémoire locale nourrit des projets actuels. Lucie évoque l’idée de relancer une dynamique qui liie public et artistes.
Simone et la vie de la scène avignonnaise
Simone a fondé la Société des concerts avignonnais. Sa personnalité charismatique a attiré des musiciens de haut niveau. Le souvenir de ces rencontres demeure vivant dans la cité.
Par-delà la lignée : pensée et commémoration
Le centenaire naissance de rené girard a été une occasion familiale et publique. Sa réflexion soutient que l’art aide l’homme à dépasser la violence. La parole et le langage prennent alors une autre force, réenchantés par la musique.
| Élément | Impact | Exemple |
|---|---|---|
| Transmission | Retisser le lien public‑artiste | Relance de la société de concerts |
| Mémoire | Résonance intergénérationnelle | Commémoration centenaire |
| Pratique | Programmes et collaborations | Concerts avec violon soliste |
« La musique peut dire ce que les mots peinent à porter. »
Répertoire, projets et instruments : du baroque au classique, de Beethoven aux « Sept Paroles »
Les choix de programme révèlent un fil continu : sources anciennes, bouleversements classiques, créations contemporaines.
Bach, Haydn, Mozart : aux sources du discours instrumental
Bach (L’Art de la fugue, adapté pour quatre voix) sert de laboratoire. Ce travail montre le rôle de chaque pupitre et l’équilibre nécessaire au violon et à l’alto.
Haydn institue la conversation d’instruments. Mozart, par le quintette avec deux altos, enrichit la palette et densifie le son.
Beethoven en intégrale : un Himalaya artistique
L’intégrale des quatuors de Beethoven a demandé plusieurs années : 2–3 ans à Caen puis 1 an à Paris. Le projet a été pensé comme un « Himalaya » à gravir.
Idée forte : tenter d’offrir l’intégrale en 3 jours pour intensifier l’immersion du public.
La Folle Journée de Nantes a permis de partager cette œuvre entre ensembles, multipliant les fois d’écoute et les approches.
« Les Sept Paroles » : tradition, création et méditation
Le livre-disque réunit Haydn et Alexandre Benéteau, avec des méditations de Martin Steffens et des pièces de François‑Xavier de Boissoudy.
« La parole entre chaque mouvement éclaire le sens et laisse respirer la musique. »

- Logique : du contrepoint baroque à la grammaire classique.
- Projet : intégrer l’histoire et la création pour raconter une continuité.
- Ambition : porter ces concerts tout de suite dans d’autres lieux.
Choisir les instruments modernes : lutherie contemporaine et signature sonore
Le choix des instruments façonne l’identité sonore avant même la première note.
Pourquoi moderniser ? Adopter des instruments récents permet de concilier qualité sonore, cohérence d’ensemble et réalités économiques. La flambée des prix des violons anciens rend cette voie pragmatique.

Le quatuor d’instruments Charles Coquet : tradition, modernité et projection
Charles Coquet, formé et primé à Crémone, signe des outils où tradition et innovation se rencontrent. Sa lutherie offre une projection claire utile en grandes salles.
Un geste artistique et économique : faire vivre des artisans, assumer l’exigence
Le projet cherche une formation homogène : violon, alto, alto/altiste et violoncelle dialoguent dans une même couleur. Le résultat offre relief, tenue des basses et brillance maîtrisée.
Le travail d’ajustement demeure essentiel. Réglages d’âme, choix de cordes et d’archets adaptent la couleur selon l’œuvre et la salle.
« Soutenir des artisans vivants, c’est défendre une façon contemporaine d’entendre le répertoire. »
- Qualité certifiée par des médailles à Crémone.
- Projection forte, peu de compromis sur l’intensité.
- Base stable pour Beethoven, les « Sept Paroles » et futurs projets.
Ce choix ancre une signature durable : entretenir, documenter et faire évoluer ces instruments pour inscrire l’identité du quatuor sur le long terme.
Ancrage territorial et nouvelles scènes : Rosa Musica, vallée du Rhône et publics à reconquérir
Rosa Musica s’affirme comme un pont entre patrimoine local et nouvelles scènes. Lancé en 2020 par Grégoire Girard, le festival investit la vallée du Rhône (Drôme, Gard, Vaucluse) avec des concerts dans des châteaux et sur des places de village.
Direction artistique : une vision de musicien‑entrepreneur qui conçoit la scène comme un espace de lien entre culture et habitants. Le parrainage par Frédéric Lodéon vise un retentissement international tout en gardant des prix accessibles.

Rosa Musica : lieux patrimoniaux et accès
À Mazan, une scène naturelle en pierre face à l’église crée un moment scénique fort quand la nuit tombe. Les élus soutiennent le projet. Les musiciens invités élargissent la palette au‑delà du quatuor, pour parler au monde d’aujourd’hui.
Créer du lien : éducation et premières fois au concert
Le projet travaille avec le diocèse d’Avignon et l’enseignement catholique pour amener des enfants au concert pour la première fois. La communication de proximité — affiches chez le boulanger, actions dans les écoles — retisse une culture d’écoute.
| Aspect | Action | Objectif |
|---|---|---|
| Tarifs | Prix accessibles | Reconquérir les publics locaux |
| Lieux | Châteaux, places, scène de Mazan | Valoriser le patrimoine |
| Éducation | Partenariats diocèse / écoles | Premières écoutes, habituer les enfants |
« Rosa Musica est un laboratoire de scène et de lien. »
Conclusion
Un fil unit art et vie : racines avignonnaises, gestes quotidiens, et un ensemble qui parle au public. Cette posture fait vivre un répertoire exigeant sans renier la proximité.
La présence de rené girard dans leur horizon intellectuel donne à la parole une portée pacificatrice.
Sur le plan humain, les frères sœurs portent une formation de plusieurs ans. Leurs voix, alto et violon compris, se répondent avec cohérence.
Les instruments contemporains servent le son. Les musiciens assument un rôle social : concerts conçus pour durer tout suite sur plusieurs jours, partager beaucoup autres projets comme « Les Sept Paroles » et l’intégrale Beethoven.
À cette époque en mutation, cet exemple montre qu’une chose persiste : quatre voix, une même respiration, une scène offerte au monde.