Entretien inédit avec le quatuor modigliani autour de la 11e édition de Vibre !, un festival qui prolonge l’héritage d’Évian porté par Rostropovitch.
Cette année marque une étape clé : une résidence de trois ans à Radio France, un album Tchaïkovski attendu à l’automne et des sessions dédiées à Beethoven.
Le contexte bordelais place Bordeaux comme une scène centrale où le groupe tient une part singulière du monde de la musique de chambre.
Au programme : le concert du 22 mai à l’Auditorium (Ravel, Turina, Tchaïkovski) et une ouverture signée par le Quatuor Ébène à l’Opéra National de Bordeaux.
Promesse : cet article guide le lecteur par les temps forts — concerts, concours, ateliers — pour comprendre le lien entre identité, choix de répertoire et projet collectif.
On évoque aussi les enjeux : moins de concerts et de subventions, mais une excellence accrue des quatuors et la nécessité de tisser un lien durable avec le public.
Entretien contextualisé : une saison charnière entre concours, scène et résidence
À Bordeaux, la programmation de mai concentre enjeux artistiques et visibilité médiatique.
Programme à Bordeaux : Ravel, Turina, Tchaïkovski à l’Auditorium le 22 mai
22 mai — un arc esthétique traverse la soirée : la texture française de Ravel (150 ans), la couleur espagnole de Turina, puis l’ampleur du Quatuor n°3 de Tchaïkovski avec son Andante funèbre e doloroso.
Cette écriture pour quatuor cordes joue sur le dialogue intercordes, les contrastes de timbre, une architecture en deux parties où mémoire et hommage prennent une large part.
Projets de saison : résidence à Radio France, album Tchaïkovski et sessions Beethoven
Résidence trois ans à Radio France : laboratoire créatif, diffusion à l’antenne, et développement de formats pédagogiques.
À l’automne, sortie d’un album Tchaïkovski ; en parallèle, sessions d’enregistrement consacrées à Beethoven. Le festival Vibre ! reste accessible au public, avec ouverture le 17 mai par le Quatuor Ébène et un gala au Château Cheval Blanc.
« La scène, le concours et l’enregistrement se répondent pour mieux faire vivre la musique. »
| Élément | Date | Impact |
|---|---|---|
| Concert Auditorium | 22 mai | Écoute exigeante, proximité avec le public |
| Résidence Radio France | Début cette année — 3 ans | Rayonnement, laboratoire artistique |
| Disques & sessions | Automne / en cours | Continuité du grand répertoire |
Quatuor Modigliani : identité sonore et projets
Les scènes et les paysages façonnent souvent la signature d’un ensemble à cordes. L’immersion répétée dans un lieu change le phrasé, le timbre et la manière de dialoguer entre musiciens.
Forger une voix passe par les répétitions en salle, l’écoute des publics et la confrontation aux langues musicales locales. À Évian, la renaissance des Rencontres Musicales après treize années crée un terreau où la direction artistique s’appuie sur des Schubertiades élargies.

Direction artistique et Schubertiades élargies
La programmation mêle lectures, rencontres littéraires et concerts. L’invitation de Grigory Sokolov et du Quatuor Borodin rappelle l’héritage de Rostropovitch.
La Grange au Lac, avec son acoustique et son plateau de plein pied, renforce le lien direct avec le public. Ce lieu devient un catalyseur pour les formations et pour des formats du solo à l’octuor.
Transmission et formation
La dynamique pédagogique s’appuie sur des partenariats locaux : Académie Musicale d’Évian, Maison des Arts de Thonon-Évian et l’Orchestre des Pays de Savoie. Ces réseaux structurent une stratégie de lien durable.
La classe du Quatuor Ysaÿe au Conservatoire de Paris joue un rôle clef dans la formation des jeunes musiciens. La transmission y prend une forme concrète : accompagnement sur scène et ateliers de partage.
« Chaque concert nourrit l’ADN de l’ensemble au fil des années. »
La responsabilité curatoriale consiste à programmer pour fédérer, inviter des quatuors et des musiciens, et offrir une continuité qui façonne une signature de cordes.
Au cœur du Vibre ! Concours international du quatuor à cordes : sélection, création et artisanat
Le concours transforme la semaine du festival en un laboratoire vivant pour les formations à cordes. Dix ensembles, issus de plusieurs continents, offrent un panorama des esthétiques actuelles.
Candidats et esthétiques
Les dix quatuors sélectionnés présentent des esthétiques contrastées. Chaque formation joue en concours et peut donner un concert public.
L’accès aux épreuves reste libre et gratuit, ce qui renforce le lien avec le public local et favorise l’exposition des jeunes ensembles.
Finale et œuvre commandée
La finale, prévue le samedi, inclut une création commandée au compositeur Kryštof Mařatka.
Amedea — visage de jeune fille sera révélée en avant-première lors de la finale. L’œuvre met en jeu lecture immédiate et capacité d’incarnation des interprètes.
Atelier de lutherie et archetier
Un atelier de lutherie fabrique un violon en direct pendant la semaine, après qu’un alto avait été construit et joué l’an passé.
Le premier prix recevra un quatuor d’archets signé Edwin Clément, symbole d’un soutien technique et artistique durable.
Écosystème en mutation
Malgré un niveau artistique en hausse, la baisse des concerts et des subventions oblige à inventer des modèles collaboratifs.
Le concours international fonctionne ici comme tremplin et révélateur. Il allie exigence, création et ouverture au public.
| Élément | Détail | Impact |
|---|---|---|
| Sélection | 10 quatuors internationaux | Panorama esthétique et visibilité |
| Dispositif | Semaine d’épreuves, concerts publics, accès libre | Exposition et pédagogie |
| Finale | Œuvre commandée : « Amedea » par Kryštof Mařatka | Promotion de la musique contemporaine |
| Artisanat | Atelier : violon fabriqué en direct ; archetier Edwin Clément | Transmission technique et lien au son |
Conclusion
La saison 2025 tisse une trajectoire claire entre scène, enregistrement et transmission. La résidence à Radio France, l’album Tchaïkovski à l’automne et les sessions Beethoven forment une suite cohérente autour du quatuor modigliani.
Le festival Vibre ! à Bordeaux, les concerts du 22 mai et le concours avec œuvre commandée montrent une volonté de mêler création contemporaine et geste artisanal (atelier de lutherie, prix d’archets Edwin Clément).
Pour le public, l’accès libre aux épreuves, les formats pédagogiques et la continuité curatoriale à Évian confirment un engagement durable. Suivez les prochaines dates et découvrez aussi les parcours des musiciens via les musiciens.